[PP-discussions] Etiquetage des produits des colonies : Israël dénonce une décision "antijuive"

Erwan Legrand partipirate at erwan.legrand.name
Jeu 12 Nov 19:04:55 CET 2015


Comme toujours, les mots ont plusieurs sens, les concepts sont flous...

On utilise le mot nationalité le plus souvent en référence à une donné
administrative.

Il peut aussi faire référence au sentiment d'appartenance à un groupe
ethnique ou partageant une même culture et on est ici dans le domaine
de la subjectivité. Exemple : le Français n'est toujours aujourd'hui
pas *la* langue maternelle de tous les "français de souche". Et elle
ne l'a jamais été.

Il en va de même pour la religion, un autre paramètre qui pour de
nombreuses personnes constitue une part importante de leur identité.
Exemple : en France une personne sur deux environ s'identifie comme de
religion catholique et parmi ces catholiques, environ un sur deux dit
croire en un dieu.

Je peux quand cela me chante m'identifier comme breton, gascon,
parisien, français, européen, terrien... ou comme "juste moi". Après
tout, c'est moi que cela regarde.

Bref, on est dans le subjectif, le ressenti individuel. Et lorsqu'on
nie cette réalité, pour essayer d'imposer à autrui la perception qu'on
a de son identité, on sombre bien vite dans le totalitarisme.

Sur le concept de nation / le nationalisme, voir aussi les quatre
premiers paragraphes de ce texte de Bertrand Russell (en anglais) :
http://www.panarchy.org/russell/nationalism.html

2015-11-12 15:15 GMT+01:00 Nicolas Mitran <n.mitran at gmail.com>:
> Extrait du bouquin " Comment le peuple juif fut inventé " qui illustre bien
> le propos ...
>
> Le ministère de l'Intérieur ne tarda pas à s'apercevoir qu'une
> malencontreuse erreur avait été commise : Bernardo, qui répondait
> désormais au nom de Dov, n'était pas juif. Le mariage ne fut pas
> dissous cependant, et Dov fut convoqué à un entretien officiel afin
> de clarifier définitivement son identité. Un fonctionnaire coiffé
> d'une large kippa noire le reçut. Le courant sioniste religieux Mizrahi,
> alors prédominant au ministère de l'Intérieur, bien que relevant
> du « parti religieux-national », faisait à cette époque preuve
> de modération et limitait encore ses exigences, en ce qui concernait
> tant les « territoires nationaux » que la définition de l'identité.
> Cela donna lieu, à peu de chose près, au dialogue suivant :
> « Vous n'êtes pas juif ? interrogea l'employé.
> - Je n'ai jamais prétendu l'être, répliqua Dov.
> - Il faut modifier ce qui apparaît sur votre carte d'identité.
> - Pas de problème, faites-le ! répondit Dov.
> - De quelle nationalité êtes-vous ? » demanda le scribe.
> Dov hésita : « Israélienne.
> - Impossible ! Ça n'existe pas, trancha l'employé.
> - Et pourquoi donc ?
> - Parce qu'il n'y a pas d'identité nationale israélienne », soupira
> le représentant du ministère de l'Intérieur, avant d'ajouter :
> « Où êtes-vous né ?
> - A Barcelone.
> - Alors, c'est nationalité espagnole, affirma l'employé en souriant.
> - Mais je ne suis pas espagnol ! Je suis catalan, et je refuse
> d'être inscrit comme espagnol ; j ' a i combattu pour cela, avec mon
> père, dans les années 1930 ! »
> L'employé se gratta le front ; il ne possédait pas de grandes
> connaissances historiques mais respectait les personnes : « Alors
> on va écrire : "nationalité catalane". »
> La réponse fusa : « C'est parfait ! »
> C'est ainsi qu'Israël devint le premier État au monde à reconnaître
> officiellement la nationalité catalane.
> «Et maintenant, quelle est votre religion, monsieur? reprit
> l'employé.
> - Je suis athée.
> - Je ne peux pas écrire cela. L'État d'Israël n'a pas prévu cette
> définition. Quelle est la religion de votre mère ?
> - Quand je l'ai quittée, elle était encore catholique.
> - Alors, je vais écrire : "religion chrétienne" », indiqua l'employé,
> soulagé.
> Dov, pourtant de tempérament placide, commençait à montrer
> des signes d'impatience :
> « Je ne veux pas d'une carte d'identité où il est mentionné que
> je suis chrétien ! Non seulement cela va à l'encontre de mes
> convictions, mais cela porterait atteinte à la mémoire de mon père
> qui, en tant qu'anarchiste, a brûlé des églises pendant la guerre
> civile. »
> Le fonctionnaire, après avoir à nouveau hésité, finit par trouver
> une solution ; Dov sortit du bureau avec entre les mains une carte
> d'identité de couleur bleue portant, en lettres noires, la mention
> de sa nationalité et religion : catalane.
>
> ------
>
> ...
>
> Cordialement,
>
> MITRAN Nicolas
>
> _______________________________________________
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